Explorer sa situation présente est l’une des premières étapes d’une prestation de coaching. Elle consiste à faire le point sur la situation actuelle de la personne coachée.

Cette étape est fondamentale et il serait préjudiciable de la négliger. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’un architecte de ne pas réfléchir à l’implantation d’un bâtiment avant d’en prévoir ses matériaux. On ne choisira pas un type de toiture sans savoir où la maison sera située, sous quel climat, etc. Il faut d’abord se poser toute une série de questions avant de pouvoir, ne serait-ce que faire les plans. Réfléchir à nos ressources, anticiper des difficultés. Par analogie, dans un coaching, faire le point sur la situation présente est le préalable, et ce, bien avant de définir un objectif.

Comment se déroule cette étape et comment s’y prend le coach pour accompagner son client dans ce processus. Car il s’agit véritablement d’un processus.

La première question que pose un coach est avant tout une question ouverte de type “de quoi voulez-vous me parler ? ” Cette question est fondamentale, car elle a pour objectif d’aller directement et spontanément sur les sujets ce qui préoccupent le coaché. Elle est suivie par des questions destinées à focaliser les propos sur des aspects factuels : ” que faites-vous ? “, “avec qui ? ” ,”dans quel environnement” ?

Il est important, ici, que le coaché fasse le tour de sa situation présente, des personnes avec qui il travaille, ses interactions, ses modalités de communication.

Pour le coach, ce questionnement va lui permettre d’avoir une bonne vision de la situation de son client afin de mieux l’accompagner dans ses prises de conscience. Pour le coaché, il s’agit de mettre à plat sa situation et mieux la comprendre. Le simple fait de pouvoir évoquer ces situations permet de prendre de la distance et enclenche un processus réflexif. Ce processus est le début d’une prise de conscience qui va permettre au coaché d’agir de manière plus consciente.

Le coach veillera dans cette étape à ce que le coaché note les points importants afin de pouvoir y revenir, le moment voulu.

Dans cette phase, le coach pourra aider son client à identifier sur ce qui lui convient ou ne lui convient pas dans sa vie, aujourd’hui.

Ensuite, toujours par le questionnement, le coach va proposer au coaché d’adopter des postures et des points de vue différents, surtout lorsque des insatisfactions sont mises à jour. : “Que pensent vos collègues de cette situation ?, “qu’en pense votre famille ? “, etc. Il est également intéressant que le coaché porte un avis sur ce que pense son entourage. Est-il en accord, en désaccord, pour quelles raisons ?

Quelle place occupe le travail dans la vie professionnelle ?

Travaille-t-on pour vivre ou vit-on pour travailler ? En d’autres termes et de manière plus nuancée, quelle place occupe notre activité professionnelle dans notre vie ?

Même s’il s’agit d’un coaching en milieu professionnel, le coach s’intéresse à la personne dans sa globalité. On ne laisse pas sa vie personnelle au vestiaire et il est important, d’évoquer l’ensemble des domaines de vie. Le philosophe, pédagogue et écrivain américain Frédéric Hudson propose en classification en 5 domaines de vie. Il est certainement possible d’utiliser d’autres classifications (parfois on parle de 8 domaines), mais celle-ci a le mérite d’allier la simplicité à l’opérationnel.

Voici ces 5 domaines de vie : le domaine de soi, le domaine professionnel, le domaine de la famille, le domaine du couple et le domaine social.

Le domaine de soi, concerne tout ce qui dans notre vie nous est propre et nous concerne personnellement. C’est l’ensemble des actions que nous faisons pour prendre soin de nous. C’est à la fois notre santé, notre développement personnel, notre apparence physique. Cela peut être l’activité physique, la lecture, la méditation ou ce qui touche à la spiritualité. Il s’agit d’activités non contraintes.

Le domaine professionnel concerne les activités que nous faisons contre une rémunération et nous permettent de « gagner notre vie ». Il s’agit le plus souvent de l’exercice d’un métier pour lequel nous avons été formé. Ce domaine professionnel entraîne plus ou moins de contrainte et s’exerce de manière plus ou moins libre.

Le domaine de la famille concerne les liens que nous entretenons avec nos enfants, mais également nos parents et le cas échéant nos frères et sœurs. Selon chacun, le cercle familial peut être plus ou moins élargi.

Le domaine du couple concerne les relations avec notre compagne ou compagnon de vie en dehors de la famille.

Au sein du domaine social, on met le reste. Il peut s’agir des relations avec nos amis, de nos activités associatives, syndicales, politiques ou religieuses.

Pour le coach, il s’agira à partir de divers exercice que la personne coachée prenne conscience de la place qu’occupe dans sa vie chaque domaine de vie et de se projeter dans le futur afin de déterminer les aspects de sa vie, qu’il souhaiterait changer.

Ce qui est fondamental !

Cette étape, consacrée à la situation présente, au-delà des situations factuelles va aider la personne coachée à prendre conscience de ce qui est essentiel pour elle. et ce qui est essentiel se retrouve dans ses valeurs. Nos valeurs sont des lignes de conduite. Celles-ci nous guident, consciemment ou inconsciemment dans notre vie, nos perceptions, nos attitudes, dans nos choix, comme le type d’emploi que nous acceptons par exemple.

Ces valeurs relèvent principalement de la morale (ou de l’éthique), de la politique, de la spiritualité ou encore de l’esthétique. [1]

Dans notre vie de tous les jours, qu’il s’agisse de notre vie professionnelle ou notre vie privée, nos actions, nos choix, nos décisions, nourrissent plus ou moins nos valeurs ou sont plus ou moins en accord avec vos valeurs. Le fait de nourrir ou non nos valeurs impacte grandement notre vie : facilité d’accomplir des tâches, de réaliser ses objectifs, d’être plus ou moins heureux dans son travail ou sa vie familiale, etc.

Nos valeurs nous indiquent ce qui est essentiel pour nous. Lorsque nous respectons nos valeurs, nous nous respectons nous-même. « Nos valeurs vous garderont dans le chemin préféré de notre intégrité »

Nos valeurs nous indiquent ce qui est essentiel pour nous. Lorsque nous respectons nos valeurs, nous nous respectons nous-même. « Nos valeurs vous garderont dans le chemin préféré de notre intégrité »[2]. Dernière chose : une valeur n’a pas de prix !

Ces valeurs, nous les avons héritées de nos parents ou nous les avons construites en relation avec nos expériences et notre milieu culturel et social.

C’est par une technique de questionnement spécifique que le coach aide la personne coaché à identifier ses valeurs. En coaching, on s’accorde sur le fait que chaque individu possède une dizaine de valeurs de base. Frédéric
Hudson les classent en 6 groupes. La puissance personnelle, l’accomplissement, l’intimité, le jeu et la créativité, la recherche de sens, la compassion et la rétribution. Celle-ci produisent une « énergie de vie ».

Dans cette “quête”, le coach sera soucieux d’aider son client à différencier une valeur d’un besoin. En effet derrière l’évocation d’une valeur, peut se cacher un besoin. Les besoins sont d’ailleurs un autre des fondamentaux d’une démarche de coaching.

Coacher sur les besoins, la clé pour permettre à la personne d’atteindre ses objectifs

Mais qu’est-ce qu’un besoin ?

Le besoin vient de l’extérieur et on l’amène vers soi, contrairement à la valeur qui est en nous et que l’on projette à l’extérieur par nos actions. La valeur est permanente alors que le besoin est ponctuel et disparaît lorsque celui-ci est comblé. « J’ai soif » est un besoin (boire de l’eau), une fois que vous avez bu, ce besoin disparaît.

La théorie. Abraham Maslow, célèbre psychologue américain, connu pour ses travaux sur la motivation, nous expliquent qu’il existe une hiérarchie des besoins. Pour accéder à un besoin dit supérieur , il
est indispensable de répondre à ses besoins inférieurs. Ainsi, la motivation supérieure de l’homme serait l’accomplissement de soi . Cette hiérarchie des besoins est habituellement représentée par une pyramide qui comporte 5 échelons qu’il convient de gravir les uns après les autres.

La clé : Il nous est difficile de répondre à nos besoins supérieurs si nos besoins primaires ne sont pas assouvis.

Ici, le travail délicat du coach va consister à valider que les besoins primaires sont-ils remplis.

Reconnaître nos besoins n’est pas chose facile et nous pouvons avoir tendance à ne pas accepter que nous en avons. Nous pouvons également avoir tendance à les minimiser et penser que ce n’est pas très important. Une autre attitude est de reconnaître que nous avons des besoins, mais on a la conviction que l’on ne peut rien faire pour les combler ou que l’on n’en a pas les capacités. Mais ignorer ou minimiser nos besoins ne les fait pas disparaître et selon Maslow, tant qu’un besoin inférieur n’est pas comblé, on ne peut pas accéder à un besoin supérieur. D’où l’importance d’être conscient de cette hiérarchisation de nos besoins (voir la pyramide) .

Dernière chose, il est nécessaire de bien distinguer le besoin de l’envie. L’envie est plus l’expression d’un désir immédiat sans une réelle volonté de changement. Le souci, c’est que nous avons tendance, parce que cela nous arrange bien (résistance au changement) de prendre nos envies pour des besoins. Ainsi, nous n’identifions pas nos réels besoins et, de ce fait, nous ne pouvons les satisfaire. Dans ces conditions, difficile d’atteindre nos objectifs.

Identification des domaines de vie, recherche des valeurs, reconnaissances de ses besoins, sont les principaux aspects sur lesquels le coach va appuyer sa démarche d’accompagnement. Mais pour être tout à fait complet, le coach veillera ; dans cette étape, à explorer d’autres fondamentaux, tout aussi essentiels. Il sera ainsi amené à questionner les croyances, les limites, les peurs, tout ce qui pourrais être source, chez son client de blocages qu’il sera important de lever afin de lui permettre d’oppérer les changements nécessaires et accéder à la situation désirée. En d’autres termes, atteindre son objectif.


[1] Frédéric Hudson.
[2] D’après Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Valeurs_(sociologie)